Brèves de distribution
- Publication des bilans des décisions judiciaires en matière de transparence, de pratiques restrictives de concurrence et des autres pratiques prohibées
Depuis la loi du 2 août 2005 en faveur des PME, la Commission d’Examen des Pratiques Commerciales (CEPC) «
exerce (…) un rôle d'observatoire régulier des pratiques commerciales, des facturations et des contrats conclus entre producteurs, fournisseurs, revendeurs qui lui sont soumis. Elle établit chaque année un rapport d'activité (…).
Ce rapport est rendu public. Il comprend une analyse détaillée du nombre et de la nature des infractions aux dispositions du présent titre ayant fait l'objet de sanctions administratives ou pénales. Il comprend également les décisions rendues en matière civile sur les opérations engageant la responsabilité de leurs auteurs » (art. L.440-1 C. com.).
Afin de pouvoir procéder à l’analyse précitée, la CEPC a conclu une convention de partenariat avec la DGCCRF et la Faculté de droit de Montpellier, qui ont pour mission de recenser les décisions judiciaires, pénales et civiles, rendues respectivement à la suite d'actions engagées par les services de la DGCCRF et par les acteurs économiques.
Elles viennent ainsi de dresser leurs premiers bilans, portant sur l’année 2005 en matière pénale (concernant essentiellement le non respect des règles (i) de facturation, (ii) du formalisme de la coopération commerciale, (iii) de la revente à perte, (iv) de la communication des conditions générales de vente), et sur la période du 1er janvier 2004 au 1er semestre 2006 en matière civile (concernant essentiellement (i) l’obtention d’avantages sans contrepartie, (ii) la discrimination, (iii) la rupture brutale des relations commerciales et (iv) les délais de paiement abusifs).
Les jurisprudences détaillées dans ces bilans sont disponibles sur le site internet de la CEPC (
http://www.pratiques-commerciales.
minefi.gouv.fr/) à la rubrique « Etudes ».
Ces bilans mettent en avant le fait que l’essentiel des décisions pénales ont trait à la facturation ou au formalisme des contrats de coopération commerciale, le montant des amendes demeurant relativement faible.
En matière civile, l’essentiel du contentieux porte sur la rupture des relations commerciales et sur l’obtention d’un avantage injustifié au détriment d’un partenaire économique.
Le premier enseignement que l’on peut tirer de ces bilans est qu’ils devraient permettre aux praticiens et aux acteurs économiques de mieux appréhender, en ayant un accès facilité aux décisions de justice, les conditions d’appréciation et d’application des règles édictées au titre IV du livre IV du Code de commerce.
Le cas échéant, ils devraient également permettre au législateur de détecter rapidement les montages inventés et mis en œuvre par la pratique pour détourner la règle de droit, et de mettre ainsi rapidement un terme à des éventuelles dérives.
retour sommaire - Leclerc, de nouveau condamné, pour coopération commerciale fictive Le GALEC, centrale de référencement nationale du groupement Leclerc, vient de nouveau de faire les frais, de la politique d’actions contentieuses mise en œuvre depuis quelques temps par le Ministre de
l’Economie.
Le GALEC avait déjà été condamné par le Tribunal de commerce de Nanterre, dans une décision du 15 novembre 2005, au paiement d’une amende civile de 500.000 euros ainsi qu’à la restitution à ses fournisseurs de 23,3 millions d’euros, pour avoir rétroactivement perçu des avantages qui ne correspondaient à aucun service commercial effectivement rendu.
Le Tribunal de commerce de Nanterre vient de nouveau, de condamner le GALEC à une amende civile de 200.000 euros.
Le GALEC a initié en 2003, une opération promotionnelle, impliquant la conclusion avec ses fournisseurs de contrats de coopération commerciale portant sur la présence de leurs produits dans des prospectus ou la définition d’opérations de bons d’achat.
A la suite d’une enquête réalisée par ses services déconcentrés, le Ministre de l’économie a relevé que trois fournisseurs n’avaient signé aucun contrat de coopération commerciale, alors même que leurs produits avaient figuré dans les documents publicitaires.
Le Tribunal a tout d’abord considéré que le GALEC avait pratiqué des conditions de vente de ses services discriminatoires à l’égard de ces trois fournisseurs, ces conditions n’étant pas justifiées par une différence correspondante de prestation (L. 442-6-I-1° du Code de commerce).
Le Tribunal a par ailleurs considéré que le GALEC avait obtenu de la part de certains fournisseurs des avantages disproportionnés à l’égard de la valeur des services rendus
(L. 442-6-I-2° du Code de commerce).
Il est fort à parier que comme dans la précédente affaire, le GALEC interjettera appel de cette décision. Les arrêts qui seront rendus par la Cour d’appel de Versailles ne manqueront pas d’intérêt.
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