Brèves de distribution
- La réforme de la loi GALLAND : un succès confirmé et une suite annoncée
Le bilan positif de la réforme de la loi Galland, annoncé cet été par le Ministre du commerce, Monsieur Renaud DUTREIL (cf. LDE n°6 de septembre 2006, «
La réforme de la loi GALLAND : un bilan positif »), s’est confirmé tout au long de l’automne.
En effet, le tableau de bord de l’évolution des prix des produits de grande consommation, publié le 23 novembre dernier par l’institut Panel International et LSA, et diponible sur le site pme.gouv.fr, montre que la baisse des prix des produits de marques a atteint 2.04 points d’inflation depuis le début de l’année.
De même, les PME semblent avoir vu augmenter leur part de marché dans le chiffre d’affaires des grandes surfaces, à hauteur de 2,5%.
Dès lors, le Ministre du commerce a fait part de son intention de poursuivre la réforme. A ce titre, il souhaite que le seuil de la revente à perte soit, à terme, fixé au montant triple net.
En outre, après avoir observé qu’une partie de la coopération commerciale avait basculé vers les services distincts, qui représenteraient aujourd’hui 15 à 20 % des marges arrières, le Ministre souhaite que ces deux catégories de services soient soumis au même régime.
retour sommaire - Commerces intégrés et propriété commerciale
La question de la propriété de la clientèle dans les commerces intégrés, c'est-à-dire implantés en des lieux où ils peuvent profiter d’une clientèle déjà existante, a longtemps occupé les juridictions.
Dernièrement, dans un arrêt en date du
19 janvier 2005 n° pourvoi 03-15283), la Cour de cassation a considéré que les commerces intégrés devaient bénéficier d’une présomption de « clientèle propre », qui ne pourrait être contestée que par la démonstration que «
l’exploitant du fonds est soumis à des contraintes incompatibles avec le libre exercice de son activité ».
Toutefois, si un tel arrêt semble apporter une nouvelle pierre à la reconnaissance d’une clientèle propre aux magasins intégrés, les spécificités factuelles et juridiques du cas d’espèce pourraient limiter la portée de cette jurisprudence.
Dans cette affaire, la Haute juridiction a considéré que le titulaire d’un bail précaire disposait d’une clientèle propre et était donc fondé à se prévaloir du bénéfice du statut des baux commerciaux, et a conséquence requalifié le bail en bail commercial.
Pour constater l’existence d’une clientèle propre, elle a retenu que le magasin était accessible à une clientèle autre que celle du lieux où il est implanté (ici un hôtel), qu’elle lui était en partie adressée par des tiers, que l’activité de la boutique (vente de matériels nautiques) était très éloignée de l’objet social d’un hôtel, et que les contraintes qui lui étaient imposées par le règlement intérieur de l’hôtel ne constituaient pas une entrave effective à son activité commerciale, par exemple concernant ses horaires d’ouverture.
Dès lors, il pourrait être difficile, notamment pour un locataire gérant, de se prévaloir de cette jurisprudence, pour prétendre à l’existence d’une clientèle propre, dans la mesure où celui-ci exploite le fonds de commerce, c’est à dire la clientèle d’autrui, et ce dernier est exploité dans un grand magasin ou une grande surface, dont les contraintes sont plus importantes que dans un hôtel (règlement intérieur contraignant, respect de l’image de marque de l’enseigne, horaire imposé…).
L’avenir dira si la Cour de cassation compte étendre ou non sa jurisprudence.
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